Lonar lake – Photo by Maurya Rohit on Foter.com / CC BY-NC-SA

La fascinante histoire de la Spiruline

Elle est à l’origine de la vie et aujourd’hui elle nous accompagne toujours de sa bienveillance. Un miracle passé, un avenir des plus prometteur et un présent glorieux. L’histoire de la spiruline, qui ne cesse jamais de s’écrire, mérite bien d’être narrée. A l’origine, notre atmosphère ne détenait qu’une infime quantité d’oxygène. La majorité des organismes sur Terre n’étaient que des bactéries utilisant le soufre pour survivre. Suite à cela sont apparues les cyanobactéries. Celles-ci pratiquent la photosynthèse, elles ont peu à peu contribué à la formation d’une atmosphère de plus en plus riche en oxygène. Cette concentration croissante en oxygène a permis l’apparition d’autres formes de vies plus évoluées telles que les algues, plantes et animaux.

Pour rappel, même si l’air ne détient que 21% d’oxygène, le corps humain lui en est composé à 60% . Il y a donc déjà plus de 3 milliards d’années que la spiruline, avec un grand nombre d’autres espèces de cyanobactéries ont été indispensables à la vie en général et à l’Homme.

De sa découverte à nos jours

La première découverte par les occidentaux date de 1492, par Christophe Colomb au Mexique. Il la découvre sous forme de galettes vertes que consomment les Aztèque et qu’il mentionne dans son journal de bord comme «potion magique». Elle constituait la nourriture principale de la population locale, autour du lac Texcoco, qui la récoltait pour fabriquer ces galettes vertes nommées «tecuitlatl». Il est difficile de dire depuis combien de temps ces derniers la considéraient comme un produit mystérieux qu’ils consommaient en complément de céréales. A cette époque, les colonisateurs préféraient le cacao et le mais à la spiruline. Cette dernière, qui n’était pas à leur goût tomba dans l’oubli.

La spiruline au XXe siècle

Ce n’est que quatre siècles plus tard en 1939, que la pharmacienne française Y. Creach découvre de nouveau ces galettes d’algues séchées à Massakong au Tchad, en Afrique cette fois. Elle observe alors que les principaux consommateurs de cette dernière sont des gens malades, des femmes allaitantes et des blessés. Intriguée, elle décide alors de ramener des échantillons afin d’analyser cette mixture vertueuse. Malheureusement, la seconde guerre mondiale fait rage et l’heure n’est pas propice aux recherches. Elles sont abandonnées après son décès.

Cependant, parallèlement à cela, le chercheur P. Dangear mentionne pour la première fois en 1940 l’existence de ces galettes connues sous le nom de «dihé». Consommées par certaines populations du Tchad, il écrit qu’elles sont produites à partir de l’algue bleu spirulina. En 1959 ce sera au tour de l’anthropologue français M. Y. Brandily de signaler l’existence du peuple des Kanembous au nord du Tchad qui consommerait ces galettes depuis des temps anciens. Comme chez les Aztèques, ces derniers associaient ces gâteaux à des céréales, le mil, et cela constituait leur repas principal.

Par la suite, cette mixture récoltée à la surface des lacs de la région à réveillée l’attention de l’institut français du Pétrole. Plus particulièrement celle d’un de ses membres : G. Clément, protagoniste des premières études sur la fameuse « algue bleu ». L’industrie du pétrole à cette époque n’était pas aussi néfaste qu’aujourd’hui. En effet, c’est notamment une taxe sur le carburant qui a permis à la France d’être pionnière en matière d’études à ce sujet. Après avoir relevé de nombreux aspects nutritionnels intéressants, l’Institut Français du Pétrole décide d’aller plus loin. Il crée alors un site de production de spiruline aux abordx du lac Texcoco au Mexique.

Premier pas pour la culture de spiruline

 

Dans les années 1960, l’ingénieur Hubert Durand-Chastel découvre la spiruline par un heureux concours de circonstances. Il s’est rendu au Mexique pour diriger une unité de production de Sosa Texcoco, entreprise produisant du carbonate de soude. La matière première nécessaire à sa fabrication est extraite du lac au bord duquel l’usine se situe. Dès son arrivée, l’ingénieur est interrogatif sur la formation de matière verte qui se propage dans le lac et gêne le mécanisme de cristallisation des carbonates.

En 1967, il assiste à une conférence portée sur la spiruline et son utilisation autour du lac Tchad en Afrique. Grâce à cela, il fait rapidement le lien et réalise que le lac exploité par son usine est une véritable mine à spiruline. Il voit alors cette «algue» sous un autre angle et décide de l’exploiter. Il est alors le premier à réaliser une production industrielle de spiruline et à créer une pâte comestible exportable. Sa commercialisation débutera en 1976.

Mais durant toutes ces années, ce ne fut pas le seul à s’intéresser de près à cette fameuse cyanobactérie. Les premières publications scientifiques relatives font leurs apparitions au début des années 1960. De plus en plus d’expéditions à but scientifique ramènent des échantillons de souches variables de spiruline. On pense par exemple au botaniste belge J. Léonard qui confia un échantillon végétal, issue d’un voyage transsaharien, à son confrère P. Compère. Cet échantillon sera identifié comme de la Spirulina platensis.

Ripley D. Fox
Docteur en microbiologie et auteur de :
Algoculture: la spirulina, un espoir pour le monde de la faim 1986,
Spirulina: Production & Potential 1996,
La spiruline: technique, pratique et promesse 1999.

Ripley Fox, une vie dévouée à la spiruline

En 1968, le laboratoire de «la Roquette» voit le jour. Cet établissement est créé dans un but de développement de la recherche et de la formation sur la culture des micro-algues. C’est un tournant de l’histoire pour la culture de la spiruline. On doit cette initiative à un grand homme, l’américain Ripley Fox, docteur en microbiologie mais également diplômé en zoologie. Cette figure emblématique de la spiruline a grandement contribué à la valorisation de ce super aliment. Il a également participé à l’élaboration des techniques de culture et à la compréhension du mode de vie de la Spiruline.

Que l’on s’intéresse de près ou de loin à la spiruline, il est difficile d’ignorer son nom. Et pour cause, en plus de ces travaux qui ont grandement fait avancer les recherches, il est le premier à vouloir donner à cette micro algue un aspect humanitaire. Il cherche alors des moyens abordables et simples pour la cultiver dans des pays dans le besoin.

Suite à cela, il fonde en 1971 l’Association pour Combattre la Malnutrition par l’Algoculture (ACMA) et les fermes de spiruline se développent. Pour lui, il est évident qu’elle peut être l’outil idéal pour lutter contre la faim dans les pays en voie de développement. Sa vitesse de croissance hors norme, sa culture adaptée aux conditions climatiques des pays du sud, son faible coût au kilo et sa conservation longue durée une fois sèche… Tout ça en plus de ses aspects nutritionnels exceptionnels, tout semble en faire un produit miracle.

Pourtant, les institutions ne soutiennent pas toujours son idée et les échecs se succèdent. Malgré cela il consacrera avec sa femme, une grande partie de sa vie à l’expansion de ce projet.
Il réveille par la suite un enthousiasme inédit auprès des humanitaires qui comme lui voient en la spiruline une solution inespérée. Pourtant, des organismes tels Food and Agriculturel Organization, sont plus sceptiques et la définissent comme une solution parmi d’autres.

Un super aliment

Parallèlement les révélations sur les vertus de la spiruline s’enchainent. Particulièrement grâce au docteur en microbiologie japonais Hiroshi Nakamura. En 1970, il rend public un rapport portant sur l’utilisation de cette super «algue» lors de la seconde guerre mondiale. Son rapport sera également publié dans le livre du docteur Hills Food from sunlight. Les bénéfices de ce livre ont servi en l’occurrence à financer des projets d’aide alimentaire. Ces deux hommes sont des pionniers dans la recherche sur la spiruline. De plus, ils ont fait à diverses reprises, mention des bienfaits qu’elle pouvait avoir sur eux. Ce n’est qu’en 1974, que la spiruline reçoit enfin la reconnaissance qui lui est due. L’Organisation des Nation Unies la déclare comme étant «la meilleure source alimentaire du futur».

Plus tard, l’activité de production de spiruline industrielle au Mexique sera abandonnée suite à des problèmes de qualité en 1986. C’est alors que la société Earthrise voit le jour en Californie qui sera à l’origine de la vague «superfood». Elle génèrera l’engouement de nombreux américains quant à la consommation de spiruline. Sous forme de gélules, poudre ou préparée dans des cocktails, la spiruline n’a jamais eu tant de succès. Cependant, en 1984, la Chine et l’Afrique avaient déjà pris l’initiative de lancer des cultures de spiruline en milieu naturel. La même année, en France, le conseil supérieur d’hygiène publique donne un avis favorable concernant la consommation de spiruline.

La spiruline pour tous

Ce n’est qu’au début des années 90 que le projet des Fox est de nouveau valorisé. C’est grâce à l’ONG suisse « Antenna Technology » qui est convaincu à son tour que la solution contre la faim et bel et bien la spiruline. Un de leurs arguments principal reste l’avantage d’une productivité importante sur un espace réduit. En effet, pour 1 hectare d’exploitation, le rendement en spiruline serait d’environ 9 tonnes, tandis que le soja ou le blé donne 1 tonne sur une surface équivalente et nécessite un besoin en eau bien plus important.

Cette association sera à l’origine de plusieurs études, qui appuieront la crédibilité de leurs projets . Ils sont également responsables du premier séquençage du génome (2007) de la spiruline. En faisant ça, ils rendent ainsi son brevetage impossible. Celle-ci restera donc accessible à tous et que son utilisation ne se résumera pas au gros industriels. Ce merveilleux geste pour l’humanité a également permis de démontrer que la spiruline, contrairement à d’autres cyanobactéries, ne sécrète pas de toxines mortelles, crainte de nombreux scientifiques à son sujet. Malgré un engouement croissant des ONG,institutions et scientifiques, le premier colloque international sur la spiruline n’aura lieu qu’en 1996 en Chine.

Progrès et accessibilité

 

Petit à petit la spiruline fait son nid

Ripley Fox n’a jamais cessé de s’impliquer de diverses manières dans l’évolution de la culture de spiruline, jusqu’à son décès en 2012. Il a fait partie de plusieurs associations, il a également était le président d’honneur de l’International Society for Applied Algology. Avec l’aide de ses amis parmi lesquels le sénateur Dupond-Chastel, il crée un institut international de la spiruline avec la possibilité d’obtention d’un diplôme en algoculture. Cette persévérance et la détermination dont ont fait preuve R.Fox et de nombreux autres acteurs en matière de spiruline finissent par payer. En 2005, l’Organisation Mondiale de la Santé, reconnaît enfin la spiruline comme «l’arme principale des populations souffrant de la famine». On entend même parler parfois «d’alicament».

La succession de Ripley Fox fut assurée par le français Jean Paul Jourdan. Après avoir fait carrière dans la chimie, il devient l’élève de Fox et décide de dédier sa retraite au développement de la culture de spiruline. Il s’implique dans de nombreuses ONG et écrit des ouvrages de référence où il fait part de ses nombreuses années d’expériences. Ces ouvrages disponibles au public et gratuitement sur internet, sont désormais des indispensables à quiconque souhaitant se lancer dans la culture de spiruline, même pour un usage familial.

Grâce à ses connaissances en chimie et à ses années de pratique en terme de spiruline, il donne la possibilité à chacun de « se lancer » . Aujourd’hui grâce à ces hommes, la culture de la spiruline se veut de garder une certaine éthique de partage, solidarité. Par exemple en France, bien que les producteurs soient de plus en plus nombreux, il existe une Fédération Française des spiruliniers de France ayant pour but d’unir les professionnels, de créer un réseau d’entraide et de valoriser la spiruline française paysanne.

Valorisation

Depuis, les recherches ont beaucoup évolué et les domaines se sont élargis au médical et à la cosmétique notamment. Celles ci ne cessent de s’enchainer, malheureusement, beaucoup ne sont jamais achevées et il devient difficile de démêler le vrai du faux. Afin de tenter de remédier aux mauvaises informations circulant à propos des effets thérapeutiques potentiels qui lui sont attribués; l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) a consacré un colloque sur l’île des Embiez (Var), en mai 2004. Malgré cela, les études sont toujours aussi nombreuses et inachevées en dépit de résultats positifs sur les animaux, par exemple sur des sujets tels que l’efficacité de la cyanobactérie pour lutter contre le diabète, les rhinites, l’hypertension… Elles n’ont été suivies que sur très peu de sujets humains. Ce manque de données a entraîné la septicité des scientifiques malgré de nombreux retours d’expériences s’avérant positifs.

Cependant et bien heureusement, certaines d’entre elles sont menées à bien. Par exemple, celles destinées à prouver que la spiruline peut avoir des bienfaits non négligeables sur des personnes atteintes par le virus du VIH , qu’elle améliore le profil lipidique (prévention au mauvais cholestérol), son rôle antioxydant, son efficacité à lutter contre l’anémie…etc
Le manque de rigueur de ces études provient probablement de la déontologie liée à la spiruline. En effet, les grandes industries pharmaceutiques, financent bien souvent les études médicales. Seulement comme évoqué précédemment, l’histoire de la spiruline fut marquée par le séquençage de son ADN. La culture de la spiruline est donc accessible à tous et aucun brevet n’est envisageable, ce qui la rend sans aucun doute bien moins attrayante pour ces derniers.

L’histoire de la spiruline continue

Elle existe depuis la nuit des temps et cela fait déjà plusieurs décennies que des associations et scientifiques se battent pour démontrer l’importance et les caractéristiques miraculeuses que peut avoir cet aliment. Pourtant un énorme travail reste à venir, de grandes choses sont encore à découvrir mais déjà des milliers de personnes à travers le monde ont recours à la spiruline pour des raisons diverses et variées. L’enthousiasme croissant de tous les consommateurs engendre le lancement de recherches toujours plus poussées. On espère qu’elles sauront un jour valoriser à juste titre, l’aliment aux multiples vertus. La spiruline s’inscrit dans le passé, présent et aura surement un rôle des plus important dans le futur.

Rendez vous prochainement pour un nouvel article relatif aux avancées de l’histoire de la spiruline

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